Surpoids, Obésité chez l'enfant. L'importance des premières années.

A l’époque, les anciens pensaient qu’un beau bébé bien  joufflu était un gage de bonne santé, on n’imaginait pas qu’un jour l’embonpoint de l’enfant  serait pointé du doigt et utilisé comme un signal d’alarme pour la santé de l’adulte.

 Les  premières années de vie sont primordiales pour définir le poids à venir. En effet, il a été mis en évidence que c’est durant cette période que l’enfant met  en place  son nombre d’adipocytes. Par la suite, la nature ayant horreur du vide, ces adipocytes ont tendance à rester remplis. Plus ils sont nombreux, plus le poids pris est important, ces cellules ont en effet la capacité de stocker et de se dilater de manière  importante. Adulte, de nombreux régimes permettent de vider ces cellules graisseuses mais pas de les faire disparaître. Le risque de voir le poids se réinstaller est alors omniprésent.

Ce nombre de cellules graisseuses ne dépend pas que de l’alimentation proprement dite de l’enfant. Des dérèglements endocriniens, le statut nutritionnel de la mère pendant la grossesse, un diabète gestationnel, les facteurs génétiques et les facteurs environnementaux  sont autant d’éléments qui influencent le poids du tout petit. Pourtant c’est en instaurant des règles hygiéno-diététiques simples que l’on va pouvoir retrouver et maintenir un poids cohérent et éviter les complications.

En règle générale, on ne met jamais un enfant au régime. Surtout s’il est restrictif, ce programme ne ferait qu’aggraver le problème à court, moyen et long terme. En effet, chez le tout petit, la privation et la restriction alors que le rapport à l’alimentation est directement lié à l’affectif et à la mère viendraient déstabiliser des repères importants pour son développement. Chez l’enfant, l’ado et le pré-ado, la frustration de ne pouvoir accéder comme il l’entend aux aliments couramment consommés par leurs copains peut entrainer un sentiment d’isolement ou d’incompréhension légitimement vécu dans une grande souffrance.

Enfin sur un terrain déréglé par les privations et frustrations vécues durant l’enfance, l’adulte découragé par le prix à payer pour des résultats limités peut baisser les bras et regretter aussi d’avoir sacrifié son enfance à la dictature des calories.

Ce schéma est classique. Il ne faut donc pas engager son enfant sur une pente glissante dont l’issue ne serait pas profitable sur le plan psychologique et pondéral à l’adulte qu’il va devenir.

Un enfant a besoin pour son développement d’un apport énergétique suffisant. Il arrive que cet apport soit excedentaire par des habitudes alimentaires inappropriées et/ou des activités physiques trop réduites. Aujourd’hui, on constate que les rayons biscuits et friandises des supermarchés ont pris de l’ampleur offrant à cette clientèle de choix, une multitude de sollicitation et de tentation. Il y a quelques décennies, une tartine de pain et de beurre accompagnée d’un verre de lait suffisaient à se sustenter  après l’école, avant d’aller jouer pendant des heures à l’extérieur. Il n’y a pas encore si longtemps la télé ne fournissait pas de longues plages horaires de dessins animés et les ordinateurs n’avaient pas encore trouvé leur place dans les foyers. Aujourd’hui, les paquets de biscuits sont disposés sur la table basse devant des jeux vidéo ou des dessins animés disponibles à la demande entrecoupés de publicités vantant ces aliments pour le plus souvent hypercaloriques. Difficile d’en réchapper…Les surpoids et les obésités ont gagné du terrain.

La prise en charge d’un enfant en surpoids ne doit pas interférer avec sa croissance. Il arrive parfois que  toute la famille doit revoir ses habitudes alimentaires pour recréer un environnement favorable à la normalisation pondérale de l’enfant. La personne en charge des repas va modifier  sa manière de cuisiner ou d’effectuer les achats alimentaires. Plus la famille est impliquée, plus on observe de bons résultats. Pour les moins de 6 ans, le travail le plus important en matière de rééducation alimentaire est demandé aux parents. Ensuite, l’enfant est véritablement impliqué dans le choix et la gestion de son alimentation.

Concrètement, il s’agit tout simplement de revenir à une alimentation normale, équilibrée et adaptée à l’âge de l’enfant. Les centimètres pris dans le cadre de la croissance rétabliront au fur et à mesure des valeurs normales du rapport taille/poids. Il faut inciter l’enfant à bouger, l’amener au parc, lui faire faire du sport, jouer au ballon, faire du vélo…trouver des activités variées et amusantes. Rares sont les enfants qui ne finissent pas par en redemander. Outre la majoration des dépenses caloriques, toutes ces activités présentent en plus l’avantage d’éviter le grignotage plus facile quand on reste inactif à la maison.

Béatrice BENAVENT-MARCO

Diététicienne nutritionniste

 

www.maconsultationdietetique.fr 

 



14/05/2011
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